Un taux d’absentéisme proportionnel à la taille des collectivités
En 2007, le taux d’absentéisme pour raison de santé dans les collectivités territoriales se stabilise à un niveau élevé, autour de 7,9 %.
Ce taux varie selon l’effectif de la collectivité : il s’établit à 5,8 % dans les collectivités employant moins de 10 agents mais il dépasse 9 % dans celles de plus de 350 agents.
La fréquence des arrêts augmente avec la taille des structures. Les agents s’arrêtent trois fois moins souvent dans les collectivités de moins de 10 agents que dans celles de plus de 350 agents. Pour les structures les plus importantes, la gravité et la fréquence des absences sont en hausse et s’établissent à des niveaux supérieurs aux autres collectivités.
Le taux d’absentéisme varie aussi selon la nature de l’arrêt : les absences pour maternité et accidents de travail restent globalement stables ; les congés longue maladie/longue durée liés à des pathologies lourdes telles que le cancer, augmentent.
Zoom sur la maladie professionnelle, en progression
La maladie professionnelle connaît une progression importante de 66 % en cinq ans. Dans 9 cas sur 10, elle est liée à un trouble musculo-squelettique (TMS).
La meilleure reconnaissance juridique des cas, la sensibilisation accrue du corps médical et, de manière générale, une plus grande vigilance de l’ensemble des acteurs de la santé au travail sont les principaux facteurs qui permettent d’expliquer cette tendance.
Les maladies professionnelles, souvent invalidantes, engendrent des durées d’arrêts importantes. Leur progression a un impact sur le budget des collectivités : la part des remboursements annuels liés à ces maladies a augmenté de 75 % en trois ans.
« La gravité de ces pathologies, leur survenance différée et leur impact financier à long terme, incitent à mettre en œuvre des démarches de préservation de la santé au travail dès les premières années de la vie professionnelle » explique Pierre Souchon, directeur Ingénierie santé et travail chez Dexia Sofcap.
Coûts directs et impacts financiers indirects des absences pour raison de santé
En 2007, chaque agent absent pour raison de santé a coûté en moyenne 4 000 euros à son employeur (hors frais médicaux). Une progression de 28 % en neuf ans.
Le coût réel d’une absence pour raison de santé est, en réalité, encore plus important. Pour mesurer l’impact économique des absences sur la performance des organisations publiques, il convient de prendre en compte l’ensemble des coûts induits par le traitement administratif et organisationnel de ces arrêts. La gestion du remboursement des frais médicaux, le remplacement des agents absents, la formation des remplaçants, la désorganisation des services et la perte de la qualité de service rendu à l’usager impactent fortement les collectivités.
« Les coûts financiers directs et indirects des absences pour raison de santé ne cessent de s’accroître ces dernières années. C’est une dimension importante à intégrer dans la gestion territoriale, commente Pierre Souchon, avant de conclure : la meilleure arme pour lutter contre cette inflation demeure la mise en œuvre de réelles politiques de prévention par les collectivités ». |